La SNCF prépare sa riposte dans le transport par car

 

 

 

 

 

 

 

 

Sa filiale iDBUS forme 200 conducteurs et a commandé 80 autocars pour répliquer à la concurrence cet automne.

La SNCF va se donner un peu de temps avant de se lancer dans la bataille du transport interrégional par autocar, marché que le projet de loi Macron doit libéraliser dans les jours à venir. Alors que son principal concurrent, le groupe Transdev, a déjà dévoilé les détails de ses nouvelles dessertes et ouvert les réservations pour faire circuler ses cars à partir du 10 juillet, le groupe public va attendre septembre avant de faire monter en puissance iDBUS, son offre de transport par car, lancé en 2012 précisément dans la perspective de l’ouverture du marché.

La SNCF va néanmoins se donner les moyens d’une riposte d’ampleur : selon nos informations, lDBUS procède actuellement à la formation de 200 nouveaux « capitaines » (le nom donné par l’entreprise aux conducteurs), qui viendront s’ajouter aux 160 actuels. L’embauche de 80 employés sédentaires supplémentaires est également en cours.

Par ailleurs, une commande de 80 autocars vient d’être passée, ce qui va déboucher sur un quasi doublement de la flotte de véhicules d’IDBUS. La quasi totalité de ce parc appartiendra en propre à IDbus, là où la plupart de ses concurrents passent par des contrats de sous-traitance.

Un nouveau dirigeant

A cela s’ajoute un changement de dirigeant. Comme l’avait révélé la lettre spécialisée « Mobilettre ». Maria Harti, directrice générale d’IDBUS depuis sa création, va être nommée directrice régionale SNCF de Champagne-Ardenne.

Selon la SNCF, c’est là une évolution classique de carrière et non une sanction, même si les débuts d’IDBUS ont été difficiles sur le plan financier (16,2 millions d’euros de pertes en 2012 et 25 millions en 2013) : « Maria Harti a réussi avec succès la mission de lancement d’iDBUS qui lui a été confiée il y a trois ans, tout comme elle avait assuré le lancement d’iDTGV en 2004 », explique le groupe aux « Echos ».

 

Maria Harti est remplacée par Roland de Barbentane, qui était jusqu’ici directeur régional chez Keolis (la filiale de la SNCF dédiée au transport de proximité). Il y a engrangé une expérience du marché du bus qui lui sera sans doute précieuse dan ses nouvelles fonctions

Guerre des prix

Car la SNCF joue gros sur ce nouveau marché. Maintenant que la libéralisation tant attendue du marché va devenir une réalité, iDBUS va devoir rentabiliser les investissements consentis depuis 2012. Mais atteindre le point mort (promis pour l’année 2016 par Maria Harti) s’annonce difficile : pas moins de quatre autres opérateurs vont se lancer sur ce marché, augurant d’une farouche guerre des prix.

Par ailleurs, le TGV et les trains Intercités seront les principales victimes du développement du transport longue distance par autocar et devraient perdre au passage des dizaines de millions de chiffres d’affaires. Pour iDBUS, le chemin est donc étroit entre la nécessité de répliquer à ses concurrents, et le risque de cannibalisation de la clientèle du train.


Source = Les Echos.fr 

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